Un chatbot est un programme qui converse avec un humain en langage naturel, à l’écrit ou à l’oral, pour répondre à ses questions ou exécuter une tâche. Derrière ce mot unique se cachent pourtant des machines très différentes : un script de 1966 qui repérait des mots-clés, un arbre de réponses préenregistrées sur un site marchand, un modèle de langage capable de tenir une conversation de plusieurs heures. Cette page donne d’abord la définition de référence, puis explique comment ces programmes répondent, et termine par ce que la SERP française ignore : les chatbots compagnons et le cadre légal qui les encadre.
Chatbot : la définition en une phrase
Ce sujet s’inscrit dans notre guide de reference : IA générateur d’image : ce que la loi française interdit.
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Le dictionnaire Larousse définit le chatbot comme un « programme informatique basé sur l’intelligence artificielle, capable de répondre en temps réel aux questions d’un internaute ». Il précise ses terrains d’usage habituels : la vente, le service client et le marketing. Le même article recommande deux équivalents français, « dialogueur » et « agent conversationnel ».
Le français dispose en effet d’un terme officiel. La Commission d’enrichissement de la langue française a publié au Journal officiel du 9 décembre 2018 le mot dialogueur, défini comme un « logiciel spécialisé dans le dialogue en langage naturel avec un humain, qui est capable notamment de répondre à des questions ou de déclencher l’exécution de tâches » (FranceTerme, ministère de la Culture). Le synonyme retenu est « agent de dialogue ». Ces termes sont obligatoires dans les textes des administrations ; ailleurs, ils restent une recommandation, et « chatbot » domine l’usage courant.
Les deux définitions ne disent pas tout à fait la même chose. Le Larousse insiste sur l’intelligence artificielle et la réponse à des questions ; FranceTerme ajoute la capacité à déclencher une action, comme réserver un créneau ou suivre une commande. La CNIL, elle, parle de « logiciels permettant le dialogue d’un utilisateur avec un programme destiné à lui fournir des informations ». Du côté des éditeurs, Microsoft présente le chatbot comme une application avec laquelle l’utilisateur converse par texte, graphiques ou parole : une définition centrée sur l’interface plutôt que sur la technique.
Ce qu’un chatbot n’est pas mérite d’être dit aussi clairement. Ce n’est ni une personne ni une conscience. Même les plateformes qui vendent des personnages virtuels l’écrivent dans leurs conditions d’utilisation : chez Candy.ai, les personnages IA « simulent des interactions humaines » mais n’ont ni émotions réelles ni intentions, et ne peuvent tenir aucune promesse dans le monde réel.
D’ELIZA aux IA génératives : comment un chatbot répond
La manière dont un chatbot produit sa réponse explique à la fois ce qu’il sait faire et ses erreurs. Trois générations se sont succédé, et elles coexistent encore aujourd’hui.
ELIZA et les mots-clés (1966)
Le premier programme conversationnel resté célèbre est ELIZA, décrit par Joseph Weizenbaum dans la revue Communications of the ACM en janvier 1966 (article reproduit par l’University of Maryland, Baltimore County). Son fonctionnement tient en trois étapes : le programme lit la phrase de gauche à droite, cherche chaque mot dans un dictionnaire de mots-clés, puis applique des règles de décomposition et de réassemblage pour fabriquer une réponse à partir des morceaux de la phrase d’origine.
Pour illustrer le principe : une règle peut associer un mot-clé lié à la famille à une relance du type « Parlez-moi de votre famille ». Le programme n’a aucune idée de ce qu’est une famille. Il ne comprend pas le sens, il transforme du texte selon des règles écrites à l’avance. C’est pourtant cette illusion de dialogue qui a frappé ses premiers utilisateurs, et elle reste au cœur de la question posée par tous les chatbots : la conversation paraît humaine alors que rien, côté machine, ne l’est.
Les bots à scénario et arbres de décision
La génération suivante, encore très présente sur les sites marchands et les services clients, repose sur des scénarios. Le concepteur écrit un arbre de décision : l’utilisateur clique sur un bouton ou tape une phrase, le bot reconnaît une intention parmi une liste prévue et renvoie une réponse préenregistrée. Ces outils sont prévisibles et faciles à contrôler, ce qui plaît aux entreprises. Leur limite est tout aussi nette : hors du scénario, ils tournent en rond ou renvoient vers un conseiller humain.
Les chatbots génératifs
Les chatbots actuels les plus visibles s’appuient sur un modèle de langage : au lieu de choisir une réponse dans une liste, ils rédigent un texte nouveau à partir des régularités apprises sur de grands volumes de textes. Le résultat est fluide, adapté au contexte, capable de changer de sujet. Mais la fluidité ne garantit pas l’exactitude : un modèle génératif peut produire une affirmation fausse sur un ton parfaitement assuré. Il n’a pas non plus d’intention propre, ce que rappellent les conditions d’utilisation citées plus haut. C’est la raison pour laquelle la CNIL recommande qu’un chatbot ne conduise pas seul à des décisions importantes pour la personne.

Les grandes familles de chatbots
Au-delà de la technique, on distingue les chatbots par leur fonction. Trois familles couvrent l’essentiel des usages grand public.
Service client et commerce. Ce sont les usages cités par le Larousse : répondre aux questions fréquentes, orienter vers un produit, suivre une livraison. Ils sont souvent à scénario, parfois complétés par un modèle génératif.
Assistants généralistes. Rédaction, résumé, recherche d’information, aide à la programmation : ces assistants ne sont pas attachés à un site ou à une marque et reposent sur des modèles génératifs.
Compagnons IA et chatbots relationnels. Ici, l’objectif n’est pas de résoudre un problème mais d’entretenir une relation avec un personnage : conversation amicale, jeu de rôle, séduction, et sur certaines plateformes réservées aux adultes, échanges à caractère sexuel. C’est la famille qui soulève le plus de questions sur les données personnelles, l’attachement émotionnel et l’accès des mineurs.
| Famille | Fonctionnement dominant | Usage type | Limites principales |
|---|---|---|---|
| Service client et commerce | Scénario, parfois génératif | Questions fréquentes, suivi de commande, vente | Rigide hors scénario ; ne doit pas décider seul d’un point important |
| Assistant généraliste | Modèle de langage génératif | Rédaction, résumé, recherche | Erreurs formulées avec assurance ; vérification nécessaire |
| Compagnon IA, relationnel ou adulte | Modèle génératif incarné par un personnage | Conversation, jeu de rôle, divertissement | Pas d’émotions réelles ; confidences et données sensibles ; accès des mineurs |
Parler à un chatbot compagnon : ce que disent les conditions d’utilisation
Les conditions d’utilisation d’une plateforme de compagnon IA disent souvent plus clairement ce qu’est le produit que sa page d’accueil. Celles de Candy.ai, mises à jour le 22 septembre 2026, en donnent un bon exemple.
Sur la nature du service, le texte est sans ambiguïté : les personnages simulent des interactions humaines, sans émotions réelles ni intentions, et ne peuvent pas tenir de promesses dans le monde réel. Le service est fourni pour le divertissement et n’a pas vocation à apporter un soutien émotionnel. Autrement dit, la plateforme elle-même déconseille de traiter le personnage comme un confident ou un thérapeute.
Sur l’argent, deux points méritent l’attention avant toute inscription. Les abonnements sont reconduits automatiquement : sans résiliation, le prélèvement continue. Et les résidents de l’Union européenne et du Royaume-Uni disposent d’un délai de rétractation de 14 jours (Candy.ai, 2026), selon les termes de ces mêmes conditions. Les tarifs, eux, varient et ne sont pas reproduits ici : seule la page de paiement de la plateforme fait foi au moment de l’achat.
Cette page s’en tient à la définition. Pour comparer les usages et les outils, consultez notre dossier chatbot IA : usages, outils et limites. Les lecteurs majeurs qui souhaitent tester un compagnon IA peuvent passer par notre sélection de plateformes (lien partenaire) : amatsexe peut percevoir une commission, sans surcoût pour vous.
Ce que la loi impose aux chatbots en France
Un chatbot n’est pas un objet hors la loi. Trois ensembles de règles s’appliquent directement à ceux que l’on croise en France, et le troisième concerne particulièrement les plateformes pour adultes.
L’AI Act : savoir que l’on parle à une machine
Le règlement européen sur l’intelligence artificielle, dit AI Act (règlement (UE) 2024/1689), est entré en vigueur le 1er août 2024. Selon la Commission européenne, les personnes qui utilisent des systèmes d’IA comme les chatbots doivent être informées qu’elles interagissent avec une machine. Ces obligations de transparence s’appliquent depuis août 2026. Pour un compagnon IA, cela signifie que l’illusion d’une conversation humaine ne peut plus être entretenue au point de tromper l’utilisateur sur la nature de son interlocuteur.
La CNIL : cookies, conservation et données sensibles
Dans ses conseils publiés le 19 février 2021, la CNIL rappelle plusieurs règles. Les cookies liés au chatbot supposent un consentement préalable, sauf s’ils ne sont déposés qu’au moment où l’utilisateur ouvre lui-même la fenêtre de conversation. Les conversations ne doivent être conservées que le temps nécessaire. Comme un utilisateur peut confier à tout moment des informations sensibles imprévues, la CNIL recommande un avertissement préalable et une purge immédiate ou régulière de ces données. Enfin, le chatbot ne doit pas conduire seul à des décisions importantes pour la personne.
Contenus pour adultes : l’âge ne se déclare pas, il se vérifie
L’article 227-24 du code pénal punit la diffusion d’un message pornographique susceptible d’être vu par un mineur de 3 ans d’emprisonnement et de 75 000 € (Légifrance, 2021) d’amende. Le texte précise que l’infraction est constituée même si le mineur a accédé au contenu en déclarant simplement avoir au moins 18 ans (Légifrance, 2021). Une case « J’ai plus de 18 ans » ne protège donc pas l’éditeur.
La méthode est encadrée par l’Arcom, qui a adopté le 9 octobre 2024, après avis de la CNIL, un référentiel technique sur la vérification de l’âge, sur la base de la loi SREN n° 2024-449 du 21 mai 2024. Il fixe les exigences minimales pour les services en ligne à responsabilité éditoriale et les plateformes de partage de vidéos qui diffusent des contenus pornographiques. Un chatbot compagnon qui produit des échanges explicites ne peut pas ignorer cette question : l’âge de l’utilisateur doit être vérifié, pas seulement affirmé.

Protéger ses données quand on parle à un chatbot
Une conversation avec un chatbot n’est pas un journal intime. Elle est transmise à un serveur, peut être conservée, et parfois relue ou exploitée par l’éditeur selon ses conditions. La prudence consiste à se comporter comme si chaque message pouvait être lu par un tiers.
La CNIL range l’orientation sexuelle et la santé parmi les données sensibles que l’utilisateur est susceptible de livrer sans y penser, d’où sa recommandation d’avertir et de purger. Côté utilisateur, la règle la plus simple est de ne pas les confier du tout : ni nom réel, ni adresse, ni détails médicaux, ni photos permettant de vous identifier. C’est d’autant plus vrai sur un compagnon IA, où le cadre intime incite justement aux confidences.
Vérifiez aussi ce que devient l’historique : combien de temps il est conservé, s’il peut être effacé depuis votre compte, et si la suppression du compte entraîne celle des conversations. Ces informations figurent normalement dans la politique de confidentialité ; leur absence est en soi un signal.
Avant de vous inscrire sur une plateforme de compagnon IA, cinq vérifications prennent quelques minutes :
- la plateforme indique clairement que vous parlez à une IA, comme l’exige l’AI Act ;
- l’âge est réellement vérifié pour les contenus adultes, et pas seulement déclaré ;
- la politique de confidentialité précise la durée de conservation des conversations et permet de les supprimer ;
- les conditions d’utilisation mentionnent la reconduction de l’abonnement et votre droit de rétractation ;
- vous avez décidé à l’avance ce que vous ne direz pas : identité, santé, orientation sexuelle, informations sur des tiers.
Un chatbot reste, selon les mots mêmes du Journal officiel, un logiciel de dialogue. Le savoir ne gâche pas l’expérience : cela permet d’en profiter en gardant la main sur ce que l’on partage.
Prêt à essayer ?
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Sources
- Larousse — Définition : « Programme informatique basé sur l’intelligence artificielle, capable de répondre en temps réel aux questions d’un internaute », utilisé notamment dans la vente, le service client et le marketing. Équivalents recommandés : dialogueur, agent conversationnel. (non datée, consultée le 29/09/2026)
- FranceTerme, ministère de la Culture (Commission d’enrichissement de la langue française) — Dialogueur : « Logiciel spécialisé dans le dialogue en langage naturel avec un humain, qui est capable notamment de répondre à des questions ou de déclencher l’exécution de tâches ». Synonyme : agent de dialogue. Équivalent anglais : chatbot. (Journal officiel du 09/12/2018)
- University of Maryland, Baltimore County (reproduction de l’article de J. Weizenbaum, Communications of the ACM, vol. 9, n°1) — ELIZA analyse la phrase de gauche à droite, cherche chaque mot dans un dictionnaire de mots-clés et applique des règles de décomposition et de réassemblage, sans comprendre le sens. (janvier 1966)
- CNIL — Définit les chatbots comme « des logiciels permettant le dialogue d’un utilisateur avec un programme destiné à lui fournir des informations ». Cookies : consentement préalable, ou dépôt seulement quand l’utilisateur ouvre le chatbot. Conservation limitée à la durée nécessaire. Pour les données sensibles imprévisibles : avertissement préalable et purge immédiate ou régulière. Le chatbot ne doit pas conduire seul à des décisions importantes. (19/02/2021)
- Commission européenne — Selon l’AI Act, les personnes qui utilisent des systèmes d’IA comme les chatbots doivent être informées qu’elles interagissent avec une machine. Le règlement est entré en vigueur le 01/08/2024 et ces obligations de transparence s’appliquent depuis août 2026. (consultée le 29/09/2026 (règlement (UE) 2024/1689))
- Légifrance, code pénal, article 227-24 — Diffuser un message pornographique susceptible d’être vu par un mineur est puni de 3 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. L’infraction est constituée même si le mineur a accédé au message sur simple déclaration qu’il a au moins 18 ans. (version en vigueur depuis le 02/12/2021)
- Arcom — Référentiel adopté après avis de la CNIL, sur la base de la loi SREN n° 2024-449 du 21/05/2024. Il fixe les exigences techniques minimales de vérification de l’âge pour les services en ligne à responsabilité éditoriale et les plateformes de partage de vidéos qui diffusent des contenus pornographiques. (09/10/2024)
- Candy.ai (conditions d’utilisation) — Les personnages IA « simulent des interactions humaines » mais n’ont ni émotions réelles ni intentions, et ne peuvent pas tenir de promesses dans le monde réel. Service fourni pour le divertissement, sans vocation de soutien émotionnel. Les abonnements sont reconduits automatiquement. Les résidents de l’UE et du Royaume-Uni ont 14 jours pour se rétracter. (dernière mise à jour le 22/09/2026)
- Microsoft — Définition d’éditeur : application avec laquelle l’utilisateur converse par texte, graphiques ou parole. Sert de point de comparaison avec la définition officielle (extrait de la SERP seulement, page non lue en entier). (non datée, consultée le 29/09/2026)

